lundi 9 juin 2008

Pasadena Museum of California Art

Ce musee fait figure de caricature du musee americain du XXIeme siecle ou l'art n'est plus qu'un pretexte pour creer une salle des fetes attrayante. Le musee n'a plus de vitrine sur la rue hormis la beance de l'acces au parking qui occupe l'integralite du rez-de-chaussee et qui fait office de hall d'entree. A l'etage on trouve 3 salles d'exposition agrementees de leur boutique. Enfin le dernier etage est devolu a une salle de reception a louer avec sa terrasse panoramique. Le jour ou nous avons visite le musee, il y avait deux personnes a l'accueil, deux autres dans la salle d'exposition et dix personnes en train de dresser les tables pour le mariage du soir....

MDA Johnson Favaro 2002

LACMA

Dans son projet pour le Los Angeles County Museum of Art, Piano a tente de realiser une unite impossible entre une collection de batiments heteroclytes et sans rapport les uns avec les autres.

Le long de l'avenue Fairfax, l'architecte insere un 7eme pavillon d'exposition au complexe disparate et le relie aux autres par une promenade couverte associee a un nouveau hall exterieur et a un parking enterre. Cette intervention tente de creer une identite visuelle pour le musee par le rouge de la structure metallique du nouveau batiment ainsi que de la galerie.

A l'interieur de la nouvelle aile dediee a l'art contemporain, on retrouve les habituelles boites blanches, ici sans ouverture sur l'exterieur (hormis au rdc) ainsi qu'un travail sur l'eclairage zenithal tres (ou trop) complexe au dernier niveau : il semble que l'attention apportee aux details ait fait oublier aux concepteurs l'objectif de leur dispositif lumineux qui finalement se filtre lui-meme au lieu de filtrer la lumiere.

On est finalement decu par ce projet dont la seule innovation repose sur le fait de proposer un hall totalement exterieur, ouvert sur la ville qui ne ferme la nuit que par de simples rideaux... Peut-etre aurait-il fallu, comme le proposait le projet abandonne de OMA, demolir ce musee pour le reconstruire entierement (en gardant bien evidemment le pavillon japonais dessine par Bruce Goff et Bart Prince, tel une folie dans le jardin du musee).

Renzo Piano 2006-2008



dimanche 8 juin 2008

The Getty Center

Le Getty Center apparait dans une courbe du freeway, perche comme l'acropole en haut de sa colline boisee. De tres loin, on sent deja le cote colossal de l'institution. L'ensemble de batiments fragmentes par Richard Meier ne parvient pas a faire oublier la taille gigantesque du complexe qui se dresse seul completement deconnecte de la ville. On y arrive en voiture – et en voiture seulement – depuis l'autoroute. L'experience commence a la sortie du parking de 1200 places ou un funiculaire mene toutes les 4 minutes les visiteurs en haut de la colline.

Arrive en haut, on est pris dans le lyrisme de l'architecture qui accumule tous les effets de styles que Meier a pu developper au cours de sa longue pratique. Les pavillons distincts et relies par les multiples passerelles et escaliers de toutes formes se melangent avec le panorama spectaculaire offrant des vues a 360 degres sur la ville, la mer, les collines. La multitude et la richesse des espaces font de la visite du musee une experience spatiale plus interessante que la decouverte de sa collection dont la qualite est loin d'etre a la hauteur de la pretention affichee du musee de compter parmi les grandes institutions mondiales. Du fait de son isolement, le musee offre une grande liberte dans les parcours : les visiteurs passent de l'interieur (dans les salles d'exposition) a l'exterieur (sur des terrasses panoramiques), ils peuvent suivre l'ordre chronologique de l'accrochage ou monter et descendre a leur guise dans chaque pavillon, faire une pause dans le patio central ou dans le jardin...

Mais, on sent en parcourant le site une serie d'incoherences, dues en particulier a des exigences du client contradictoires avec l'architecture de Meier.
Il y a tout d'abord la pierre de parement qui semble etrangere au vocabulaire formel de Meier, dont les Trustees ont rejetes les habituels panneaux en tole emaillee blanche. Certains elements, comme les colonnes au dessus du restaurant, semblent du coup grotesques recouverts de ce travertin beige et rugueux agrafe avec les joints ouverts.
A l'interieur, les boiseries, les moulures, et tout un vocabulaire traditionnel trahit une volonte- surement du client - de donner un cachet classique aux salles, antagoniste avec l'ecriture neo-moderne des atriums dessines par Meier.
Enfin, l'amenagement paysager du site, avec des jardins dessines par l'artiste (non paysagiste) Robert Irwin se marie mal avec l'architecture des batiments. On aurait prefere un traitement plus sobre et naturel, au lieu de quoi Irwin propose un jardin extrement dessine et complique qui multiplie les recoins et les parcours "bucoliques" accompagnes de jeux d'eaux. En realite, cet univers ne parvient qu'a exacerber la dimension baroque du Centre et rend l'ensemble plutot kitch.

Cet arriere (mauvais) gout un peu baroque, on le sent de façon beaucoup plus evidente a la Getty Villa, le site d'origine du musee a Malibu. Il s'agit d'une villa romaine "reconstituee" qui vient d'etre renovee par les architectes Machiado & Silvetti. La, le beton brut flirte avec le marbre de la villa romaine et on devine les contraintes que le client a fait peser sur les architectes des deux sites.

Dans sa dimension spectaculaire aussi bien que dans son univers parfaitement controle, le Getty fait finalement plus penser a Disneyland qu'au musee du Louvre. C'est clairement un espace de loisirs ou on trouve des activites ludiques pour tous les ages sur un "arriere theme" de culture...

Getty Center, Richard Meier (1984-97)
Getty Villa extension, Machiado & Silvetti (2006)

mardi 3 juin 2008

km 18 998 : Los Angeles

Los Angeles est une ville qu'il est tres difficile de se representer lorsqu'on la parcourt pendant quelques jours comme nous le faisons. Aussi bien l'etendue que la forme de la ville, en plus d'etre etrangeres a nos yeux d'europeens, sont resistantes a toute representation. D'abord parce que l'experience de la ville est fragmentaire et coupee, comme une sequence de cinema, par les interludes autoroutiers necessaires pour aller d'un quartier a un autre. Le freeway est un espace d'ou on a rarement une perception de la ville qu'on traverse car on la survole le plus souvent rendant donc difficile l'exercice de relier mentalement les lieux entre eux. Mais en realite, a Los Angeles, les freeways sont des espaces urbains a part entiere qui creent des liens entre les differents fragments de la ville qui sont associes differemment en fonction des pratiques de chacun. Ils permettent egalement de survoler des quartiers sans les traverser : toute la partie Est de LA, South Central et Watts sont ainsi rejetes hors des pratiques de la ville avec leur misere aussi extreme que l'est la richesse de Beverly Hills.

La forme de la ville, la disposition des rues et des maisons ressemble a celle qu'on trouve dans la plupart des villes americaines : une segregation des usages (habitations, commerces et bureaux), un saupoudrage de maisons juxtaposees le long de rues en damier et des avenues ou se succedent les neons des enseignes et les edifices commerciaux.....Une ville si peu dense qu'elle ne suffit pas reellement a recouvrir le sol souvent vierge sur lequel elle s'implante. Le caractere de la ville depend alors de son site et de la nature qu'elle ne recouvre jamais entierement. A Los Angeles, on ressent la geographie de façon particulierement intense : une plaine desertique encadree par les collines au nord est et par la plage au sud ouest. Chacun des ces paysages est un univers different qui fait de LA, plus que toute autre ville, une ville multiple et caleidoscopique.

Mais l'univers "suburbain" de Los Angeles repose avant tout sur le desir de chacun de se construire son propre univers : sa maison. En tant qu'architectes, nous sommes frappes de constater a quel point la maison individuelle est de loin le principal morceau du patrimoine architectural de LA : l'extraordinaire reunion de soleil, d'argent, de gout pour l'innovation et de reve de liberte que la Californie semble vouloir reunir ont fait le lit d'une fantastique collection de maisons et d'icones de l'architecture moderne. Dans cette ville qui exporte ses paillettes et ses stars dans le monde entier, la majeure partie des joyaux de l'architecture son invisibles, gardes farouchement a l'abris des regards derriere les haies de lauriers et les barrieres. Pourtant nous n'hesitons pas a user les pneus de notre voiture pour apercevoir quelques unes de ces maisons mythiques concues par Wright, Schindler, Neutra, Lautner ou Eames...

Downtown
PassadenaMalibu, Santa Monica et Venice
Beverly Hills et Hollywood
South Central, Watts and south of Los Angeles

mercredi 28 mai 2008

km 17 756 : San Diego

Museum of contemporary art, Downtown, Gluckman & Mayner
Museum of contemporary art, La jolla, Venturi - Scott BrownSalk Institute, Louis kahn

mercredi 21 mai 2008

lundi 19 mai 2008

km 15 246 : Phoenix


Taliesin West, Frank Lloyd Wright
Arcosanti, Paolo Soleri

Phoenix Museum of Art, Tod Williams - Billie Tsien