mercredi 2 avril 2008

km 4625 : Florida

Le contraste est aussi saisissant qu’abrupte. La route deserte que l’on suit depuis deux heures bute dans une route encombree de voitures. Les bas cotes sont peuples des panneaux et des enseignes qu’on a presque pris l’habitude de voir : fast food, stations services, motels. On sent la mer toute proche. A mesure qu’on se rapproche de la cote, les attributs des villes balneaires apparaissent petit a petit, les hotels, les ambiances de vacances un peu cheep se melent avec la faune architecturale des bords de route dans un coctail surreel. Entre les villes de Destin et Panama City, une frange de littoral encore assez conservee… on se baigne entre les maisons en bois sur une plage de sable blanc.

mardi 1 avril 2008

km 4000 : Alabama

Tuskegee Chapel, Paul Rudolph (1969)A peine sorti d’Atlanta, on entre en Alabama. On passe dans le fuseau horaire de Central America mais le voyage dans le temps est beaucoup plus frappant que ca.
La ville de Tuskegee est deserte lorsqu’on y entre en voiture. Les magasins de la rue principale sont fermes et on sent avec d’autant plus de force la pauvrete qui regne dans cet etat qu’on est a peine sorti d’un ville prospere et opulente. On s’attarde a l’universite pour admirer la tres belle chapelle de Paul Rudolph, sorte d’exercice de Style entre lumiere et structure d’une virtuosite tres proche de Wright. La toiture se dehanche d’un bout a l’autre de l’eglise dans une forme reglee en laissant passer la lumiere au contact des grandes murs en briques qui lui donnent des allures de vaisseau. En deux heures, on a pas croise un blanc. L’Alabama est connu aux Etats Unis pour son role dans l’emancipation des noirs et l’abolition de la segragation dont on percoit encore tres clairement la trace.

Sorti de la ville, on pense a l’Afrique en croisant sur le bord de la route ces villages faits de mobiles homes rafistoles entourees de vieilles voitures desosses. Sur chaque peron, un rocking chair ou un banc suspendu. Souvent quelqu’un assis nous regarde passer, on sent le silence et le blues qu’on ecoute en roulant est fait sur mesure pour ce paysage : pas de hasard.
On passe à Montgomery, la capitale vide elle aussi : un mirage. On roule jusqu’a Gees bend, un hameau borde par la Alabama river ou quelqu’un a decouvert il y a dix ans que les femmes fabriquent ici des quilts extraordinaires. On roule encore quelques heures a travers les forets de pains d’exploitation et on arrive en Floride.


samedi 29 mars 2008

km 3660 : Atlanta

High Museum of Art, Richard Meier (1983)
Extension, Renzo Piano Workshop (2005)
En suivant notre hote, Ariel a travers Atlanta on est vraiment plonge dans une intrigue urbaine tres caracteristique des villes americaines : d’un cote une ville etendue qui se pratique en voiture, ou les activites sont autant de localites ponctuelles dans un environnement suburbain ; de l’autre cote un centre hyper dense ou les rues sont bannies des parcours pietons qui transitent dans les airs dans les multiples passerelles lances entre les grattes ciels comme des lianes.
Entre l’univers luxuriant et interieur des atriums spectaculaires, des grands hotels et des bureaux et celui de la rue il ne peut pas y avoir de contraste plus grand : le week end, entre les buildings du downtown, il n’y a plus que les SDF qui peuples les rues. Dans les quartiers residentiels, Atlanta est en realite une grande banlieue, on voit apparaître des mini centres : des sortes de fabrication de ce que pourrait être la place du village dans un fantasme proche de Disney. La nouveaute consiste a regrouper differentes activites : logement commerce et bureaux, moins pour créer une animation urbaine que pour reduire les temps de trajet en voiture qui s’étirent a l’infini dans cette ville particulierement congestionnee.
L’intervention de Renzo piano sur le site du High Museum d’Atlanta a consiste a retourner l’espace du musee de l’interieur vers l’exterieur. Le bâtiment de Richard Meier, autosuffisant avec son entree monumentale et tres marquee depuis la rue fait maintenant partie d’un ensemble plus vaste dont le cœur est desormais la « piazza » cree par Piano au centre de l’ilot, un niveau au dessus des rues avoisinantes. L’aile de Meier semble tourner le dos au musee et le visiteur est un peu desoriente en arrivant sur le site. La piazza est accessible depuis la peripherie de l’ilot par de multiples failles et escaliers qui amenent une grande porosite entre la ville et le musee. C’est une sorte de mega-ilot qui pourrait fonctionner comme un catalyseur a l’echelle du quartier mais il s’agit d’une centralite ponctuelle qui s’integre dans un ensemble de points discontinus et donc deconnectes de leur entourage immediat.
L’aile de Renzo Piano reprends les couleurs et les rythmes de Meier et lui repond de façon tres fine de sorte qu’on sent une grande unite et coherence dans cet espace clairement urbain. Le batiment est d’une grande purete dans cette architecture d’assemblage aux details clairs et elegants qui font de Piano le plus grand heritier de Prouve. L’interieur est une sorte de prototype du musee institutionnel sur le modele du Moma : des espaces neutres et blancs, des circulations tres claires et sobres. On ne trouve pas de complexite spatiale particuliere hormis le traitement des plafonds : un système de canons a lumiere qui transmettent la lumiere zenithale de façon homogene et douce dans l’espace du musee. Ce dispositif tres beau est repris aux etages intermediaires et au rez de chaussee formant une sorte de motif depourvu de sa fonction d’eclairage naturel mais qui construit l’identite de batiment. Le theme apparaît jusque dans la façade ou les panneaux en aluminium se plient et se courbent au niveau de l’acrotere pour devenir toiture et lumiere.

vendredi 28 mars 2008

km 3310 : Chattanooga

Hunter Museum of american art, Randall Stout (2005)En descendant vers Atlanta, la ville de Chattanooga se love dans un des meandres du Tenesse river en territoire Cherokee, entourée de montagnes boisées. Surplombant le fleuve dans un site spectaculaire au sommet d’une falaise de roche blanche se dresse le Hunter museum of american art. Le musee est un collage de trois bâtiments plus caricaturaux et archétypiques les uns que les autres que la juxtaposition rend presque comiques. Au centre : « the mansion » une pavillon neoclassique de 1905 flanqué de deux collonades doriques, cote est l’extension brutaliste de 1975 en beton arme tres austere et cote ouest la nouvelle aile de Randall Stout recouverte de zinc anodise mimant les formes exhuberantes de Gehry. 3 batiments, trois epoques, trois caricatures qui ‘ont en commun que le fait d’être assez moyens : ni tout a fait rate, ni tout a fait réussi (a part l’escalier banque d’accueil qui articule l’espace du hall), c’est une sorte de leçon d’histoire sur une evolution du style des musees au XXeme siecle aux etats unis. Mais le veritable apport de la nouvelle aile reside surtout dans l’articulation urbaine avec le reste de la ville. Un nouveau quartier en construction et beaucoup d’efforts pour relier a pied le musée sur sa falaise et le tres populaire aquarium de Chattanooga en contrebas : bluff view art district.

jeudi 27 mars 2008

km 3032 : Nashville

Nashville, la capitale de la Country Music du BBQUE et des santiags...

mercredi 26 mars 2008

km 2740 : New Harmony

New Harmony Visitor Center, Richard Meier (1983)


A la limite de la petite ville de New Harmony, perdu dans le sud de l’Indiana, le visitor center de Richard Meier est le point d’entrée pour la visite de la communauté utopique des harmonistes fondée à la fin du XIXè siècle par des immigrés allemands.
Face au rustique de l’architecture en bois des premiers colons, Meier dresse une silhouette blanche et complexe dans un tableau anachronique contraste. Le bâtiment a comme principale fonction d’être traversé par de multiples rampes et escaliers qui permettent d’emprunter librement des promenades interieures et exterieures et de contempler le paysage, et la communaute des harmonistes. Malheureusement le batiment est utilise de facon assez reductrice : vente de billets, boutique et projection d’un film dans le tres bel auditorium. La plupart des rampes ne sont pas en libre acces et on ne profite pas pleinement de cette divagation spatiale sur le theme de la promenade architecturale de Le Corbusier.
Plus de 28 ans ont passé depuis l’inauguration du bâtiment et ses casettes de tôles emaillees sont toujours aussi blanches et propres. On doit cette impression tant a la tres bonne qualite de la construction que au contraste avec la rusticite de la ville harmoniste toute proche. L’espace est tres beau mais on ne peut s’empecher de se demander lequel du visitor centre ou de la ville met en valeur l’autre.

mardi 25 mars 2008

km 2490 : Louisville

Louisville, cite nommee d'apres celui qu'on a guillotine en 1789. Ici le musee de la batte de baseballe " the louisville slogger" fabriquee dans cette ville ou Mies Van der Rohe se retrouve en face de Michael Graves...

samedi 22 mars 2008

Rozenthal Contemporary Art Museum

Rozenthal Contemporary art Museum, Cincinnati, Zaha Hadid (1999)

Le Musee, au cœur du downtown de Cincinnati, apparait dans la rue entre les hauts immeubles en briques du debut du siecle, les tours de bureaux et les parkings. Les volumes hyper graphiques et abstraits du batiment, noir et gris, donnent a la rue un caractere dramatique et en meme temps tres urbain. Le batiment s’aligne parfaitement avec les immeubles mitoyens en briques mais ses volumes fragmentes surplombant l’angle et sortant de l’alignement lui donnent une echelle monumentale qui entre en resonnance avec les tours toutes proches.
Le hall legerement en retrait offre un espace à la rue qui se courbe a la rencontre du mur mitoyen. Ce plan vertical est bordé sur toute sa hauteur par une baie qui eclaire et laisse deviner les voles noires de l’escalier qui se deploie derriere elle. La rue est ainsi projetee vers le hall, accompagnee par la sous face qui prolonge la façade fragmentee a l’horizontale.
L’ensemble du musee est tourne vers l’espace piranesien supersonique de l’esclaier dont les voles noires et degentees accelerent la perception proche des maquettes et des dessins de Zaha Hadid . La lumiere principalement zenithale ce de espace vertical et complexe, irrigue les salles d’expositions neutres et aux proportions variés qui sont directement branchees dessus sans séparation. Les parcours sont fluides sans etres rigides et offrent des vues multiples d’un espace a l’autre. On sent le riche potentiel de ces espaces pour l’exposition.
Le batiment est un outil a creer un lieu urbain tres reussi mais il ne semble pas suffisant pour amener de la vie dans ce downtown monofonctionnel et largement deserte en dehors des heures de bureaux. On ne trouve en definitive pas dans ce batiment une programmation particulierement audacieuse a l’image de l’architecture : meme la cafeteria semble avoir succombe au manque d’affluence.

vendredi 21 mars 2008

km 2245 : Cincinnati


Universite de Cincinnati:
Vontz Center of Molecular Studies, Frank Gehry (1993-1996)
Aronoff Center for Design and Art, Peter Eisenman (1988-1996)
Campus Recreation Center, Morphosis (2006)
Lindner Athletic center, Bernard Tchumi
Engineering research centre, Michael Graves (2006)

jeudi 20 mars 2008

km 1970 : Columbus

Wexner Center for visual arts arts, Peter Eisenmann (1985-1989)
On roule pendant 20 minutes sur la meme rue droite : High Street et on voit défiler la ville en plan sequence : le quartier allemand, le downtown, les rues restaurees avec de fausses arcades, le quartier des hotels et du convention center de Eisenmann, et l’universite dont le Wexner center for the arts semble être la vitrine. Un collage extraordinaire entre un château fort découpé en lamelles, un bâtiment existant et deux grilles desaxees symbolisant la rencontre entre la trame de la ville et celle du campus. Le hall plonge en sous sol pour chercher la distribution des multiples programmes cafes, librairie, auditorium, bibliotheque, centre de recherche…. et la galerie d’exposition qui déroule son espace déroutant le long de la gigantesque grille en trois dimensions issue des sculptures de sol Lewitt et d’une grande rampe qui rattrappe le niveau du sol et dessert les salles d’expositions en escalier.